Le monde d'aujourd'hui essaie de diluer nos rêves, nos ambitions, se contenter de peu... enfin de juste ce qu'il faut.
Si on veut bien voir, l'homme, au lieu de
rechercher son bonheur cherche à
limiter ses malheurs en refusant de prendre des risques. Depuis qu'on est tous petits on nous apprend a gérer des situations de crise, l'échec, on nous dit que c'est possible qu'après nos études ce sera dur de trouver du travail et que d'autres même n'en trouveront pas du tout. Ce moule là nous force à agir comme monsieur tout le monde, de
ne pas sortir du moule. On devrait plutôt nous apprendre comment réagir si on gagnait au Lotto ou un Oscar aux Césars... mais non! C'est pour cela que dès ces personnes font des crises pas possibles pour revenir à un état dit "Normal". Bref...
Gardons nos rêves. je suis convaincu d'une chose, c'est que le bonheur c'est réaliser ses rêves. Avoir une Ferrari et beaucoup d'argent c'est pas un rêve, en fait c'est tout à fait réalisable, c'est un effet de la publicité, du marketing sur les êtres influençables que nous sommes. Avoir un rêve c'est découvrir le "sens" de sa vie, quelque chose qu'on est destiné à réaliser sur cette terre avant de la quitter. J'ai la tête pleine de rêves mais l'un d'entre eux englobe tous les autres: La terre promise.
Oui vous allez peut être me prendre pour un fou
..."Mais Ismo il à pété un câble ou quoi?". Mais non...J'ai juste commencé à me poser les bonnes questions. Je sers à quoi sur cette terre? j'ose espérer que la réponse n'est pas "A rien" ou "À vivre ma mie et disparaître". On doit tous avoir des rêves mais ces rêves doivent avoir des retombées collectives, servir à tout le monde...enfin à sa communauté. Ma communauté n'est pas celle des Ivoiriens ni des Africains, ni même des noirs. J'ai des amis partout, originaires d'Afrique, d'Asie (mon pote Fu), d'Amérique et d'Europe. Ils ont tous un point en commun. C'est pour cela que j'ai mis cette photo de moi et Emile. Quand je suis allé à Ottawa cet été j'ai rencontré un jeune de Vancouver (I forgot his name by the way) dans le bus entre Montréal et Ottawa. Il était en baggy Phat farm avec une Air Force One...tu parles que je l'ai tout de suite remarqué (lol). On a discuté de tout et de rien et on s'est vite rendu compte qu'on était tous deux fans de la musique rap. En se quittant il m'a dit une chose: "We can make it man! we gotta show em that!" ("On doit leur montrer qu'on peut y arriver"). Et bizarrement le jour de son départ Emile me dit: "Ismo, On doit leur montrer qu'on a de la valeur! Qu'on peut y arriver". Et là j'ai compris quelque chose. Quelle était ma communauté alors? Celle dans laquelle j'avais toujours baigné. J'ai grandi dedans. Je m'en suis inspiré toute ma vie. Elle est venue à moi par le biais de la musique:
LE HIP HOP. C'est plus qu'une musique. C'est une culture. Comme le dit si bien KRS-One,
"Hip Hop is not something you do, It's something you live" ("Le Hip Hop n'est pas quelque chose qu'on fait, c'est quelque chose qu'on vit"). Et je le vivais depuis bien longtemps. Mon père était un grand fan de James Brown et de Bob Marley! Je n'étais donc pas étonné d'apprendre que le Hip Hop avait été initié par Kool Herc, un jamaïcain qui s'est inspiré des rythmes de James Brown pour créer son propre style musical. Blacks, Blancs, Hispanos et Asiats, écoutaient Kool Herc mettre le disque jusqu'à la moitié puis le remettre au début! Il faisait ça pendant des heures! C'était comme si je faisais un puzzle.
Tout à coup tout deviens très clair. Mes amitiés, ma famille, mes amours. Je me souviens encore quand Fu Van est arrivé à Résidéal avec ses parents. Rien de pouvait penser que j'allais être très amis avec un chinois si ce n'est cette casquette New Era "New York" qu'il avait vissé sur sa tête. C'est un peu pour elle que je suis allé spontanément vers lui. Il était de ma communauté.
La musique aussi s'est imposée à moi. Je voulais à la base être informaticien, je sais pas trop pourquoi d'ailleurs. j'ai lamentablement raté ma première année mais tout ce que dieu fait est bon. Cela m'a permis de rencontrer certaines personnes comme Paterne (Didi Frentzy) avec qui je me suis sentit tout de suite à l'aise. Il rappait au lycée...rien de sérieux et moi ça ne me disait pas grand chose. ensuite il m'a donné une chance décisive. Celle de monter sur une scène avec lui. "3 Styles Session". Déclic. Une autre rencontre à été celle avec Patrick (Icepeak). C'est lui qui m'a montré ce dont j'étais capable.
Enfin bref...
Mon rêve prend forme. Je me renseigne encore plus sur cette culture à laquelle j'appartiens. Son histoire, les grands évènements, les grands personnages et je me rends vite compte qu'il y a comme un gros problème. A là base Africa Bambaata, ancien membre d'un gang à New York décide qu'il est temps de changer les choses et fonde la Zulu Nation, premier résultat de la pensée Hip Hop. la devise est simple:
PEACE, LOVE, UNITY & HAVING FUN. Pourtant ce message a été très souvent bafoué par l'esprit commercial du rap avec des MC Hammer, Vanilla Ice et les Gansta rappeurs d'aujourd'hui. Le rap n'est qu'une infime partie du Hip Hop (dont les autres composantes sont
le Breakdance, le MCing qui est aussi différent du rap, Le Graffing, Le Dee Jaying, Le Beat Boxing, Le Street Fashion, Le Street Language, Le Street Knowledge, Le Street Entrepreneurialism). Je me dis alors que ce que recherche cette communauté c'est plus d'égalité, plus de paix, plus d'unité dans le monde puisque le Hip Hop est partout dans le monde. C'est mon but! Ma terre promise! J'ai pris une toute autre direction dans ma vie! Je vis pour le Hip Hop! je ne peux pas faire grand chose tout de suite à part préparer mes actions, mon discours, c'est a dire passer le message véridique (street Knowlege) parce que plein de gens ne savent pas ce que c'est que le Vrai Hip Hop! Ils s'habillent d'une certaine manière parce que les autres s'habillent comme ça! je plains les jeunes africains ou français qui écoutent du rap américain sans comprendre les textes! Après on s'étonne qu'ils nous prennent pour des cons.
C'est Ma Terre Promise. Martin Luther King rêvait d'une terre comme ça! qu'on soit noirs, blancs, verts ou bleus...tous ensemble pour un monde meilleur. J'ai décidé de ne pas vivre ma vie pour moi seul (études sans passion, boulot bien payé, petite vie monotone) mais de me consacrer à quelque chose qui compte pour moi. We all got to have a dream. Je vous souhaite tous de réaliser vos rêves mais pour ça il faut chercher à le connaître et ensuite essayer de l'atteindre. Même si j'échoue j'aurai au moins eu la force d'avoir essayé comme Che Guevara ou Malcom X. Mais il faut pas se dire c'est trop dur ou que c'est trop risqué. Arrêtons de limiter nos malheurs pour enfin se concentrer à rechercher notre bonheur.
Le mien est de voir un jour une vraie communauté Hip Hop comme à ses débuts, Unie et en paix. Plus de conneries juste parce que ça marche et que ça rapporte de blé. Une communauté assez mure et unie pour se rendre compte qu'elle aurait pu aider les victimes du Cyclone Katrina au lieu de se plaindre de la lenteur de réaction du gouvernement américain quand on sait que la plupart des victimes font partie de
« Notre communauté ». Une communauté qui sait. Une communauté qui entreprend. C'est facile de s'asseoir dans un bureau, se faire du blé tranquille sans se soucier du monde. C'est facile de fumer, se droguer et boire tous les jours, raconter des conneries et dire qu'on tu des gens. C'est plus difficile de dire des choses vraies pour faire avancer le monde, de se battre pour des causes, contre des lois de merde comme le CPE (contrat de première embauche.) ,de créer des structures pour mieux encadrer les jeunes et surtout les informer. On ne sera sûrement pas reconnu comme une star (comme Talib Kweli et Mos Def qui font des albums gratuitement pour des associations de défense des droits de l'homme.) mais au moins on aura servi à quelque chose sur cette terre.
We gotta keep dreaming and help our kids having dreams too...D-Tah
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